Le Nouveau Sanctuaire

Vue aèrienne du Sanctuaire de Meritxell

Le nouveau sanctuaire de Meritxell a une signification très spéciale pour le peuple d’Andorre, étant aujourd'hui le siège de la religion du pays

Comment pourrait-il en être autrement, cette œuvre contemporaine si représentative suppose l'un des exposants les plus importants de l'architecture d’Andorre de la fin du XXe siècle et depuis son inauguration en 1976, a enrichi d'une forme remarquable la culture artistique et patrimoniale du territoire.

Pour comprendre le sanctuaire, gardez à l'esprit que Meritxell est plus qu'un sanctuaire. Il est un lieu de paix et de contemplation et est un paysage ouvert et la nature autour de lui, un cadre pour la méditation et lieu de rassemblement.

L'Ensemble Historique de Meritxell, constitué de l'ancien Sanctuaire et le nouveau Sanctuaire, on est déclaré bien d'intérêt culturel au Gouvernement d'Andorre. La présence des deux infrastructures perpétue la continuité et le renouvellement constant de la foi et de l'Église comme institution.

 

LE PROJECT

Le Sanctuaire de Meritxell, outre sa signification religieuse et le fait d’être le siège de la religiosité andorrane, constitue un des exemples les plus représentatifs de l’architecture de l’Andorre de la fin du XXe siècle.

Le projet du nouveau Sanctuaire de Meritxell naquît la malheureuse nuit du 8 au 9 septembre 1972, lorsque l’église de Santa Maria de Meritxell brûla.

Les ateliers d’architecture Moragues, Bohigas-Martorell-Mackay et celui de Ricard Bofill ont participé au premier projet du Sanctuaire de Meritxell. Pour plusieurs raisons ce projet commun ne fut pas mené à bien et Ricard Bofill assuma la direction du projet du nouveau Sanctuaire de Meritxell.

L’éclectisme monumental de Ricard Bofill a enrichi la culture matérielle de notre pays avec une œuvre représentative et a établi un précédent, concernant l’architecture contemporaine.

Le projet de Ricard Bofill présente un Sanctuaire de Meritxell colossal avec un viaduc reliant les montagnes de la vallée, un lac artificiel avec un pont et une rue avec des magasins et des restaurants, un grand perron avec terrasses, des petits abris et des sculptures de grandes dimensions, en plus d’amphithéâtres pour les rassemblements populaires et les actes culturels.

Vue du cour extérieur à ciel ouvert

C’était un projet très ambitieux qui courait le risque de ne pas être compris par la population nationale, très influencée par la forme constructive de l’ancien sanctuaire et par les témoignages romans. L’assimilation de la partie construite fut déjà très difficile, et ce ne fut qu’au bout de quelques années que l’on put parler de consensus social.

De ce rêve de Ricard Bofill, seulement une petite partie a été faite réalité. Cette construction commença le 8 septembre 1974, lorsque la première pierre fut posée. En dépit du fait que les travaux n’étaient pas finis, le 8 septembre 1976 le Sanctuaire de Meritxell fut inauguré.

Le nouveau Sanctuaire de Meritxell s’appuie sur trois piliers: la foi, l’identité et la culture. Devant soutenir un ensemble architectonique, qui tente de s’intégrer dans la nature pour créer un paysage culturel et en même temps frapper visuellement le spectateur. Pour ça, le sanctuaire, ressuscité, transmet lumière et espoir à tous ceux qui le visitent. Sa raison d'être est la foi en la vierge de Meritxell, il s'agit en outre d'un lieu de rencontre des croyants avec leur patronne et enfin du reflet de la culture du peuple Andorran. Ce centre spirituel est donc un point de rencontre, lieu emblématique et unique.

L’éclectisme monumental de Ricard Bofill a enrichi la culture matérielle du pays avec une œuvre représentative et a établi un précédent, concernant l’architecture contemporaine.

LE TEMPLE

L’édifice central du sanctuaire de Meritxell s’organise à partir d’une nef en forme de croix grecque déformée et possède une abside de plan carré. La toiture de l’édifice est composée d’une voûte en berceau. Autour de la croix grecque que la nef dessine s’organisent les différents espaces du sanctuaire. Le schéma de ces espaces, leurs dimensions et proportions, sont la tentative d’utiliser la section dorée ou divine proportion des temples gréco-romains récupérée par les églises de la Renaissance.

Nature autour de Meritxell

L’ensemble architectonique est aussi formé par un clocher-tour de plan carré d’importantes dimensions, inspiré par les clochers des monastères romans catalans. Ce volume architectonique vertical est recouvert par des lames en cuivre ajoutées par l’architecte afin que, au fil du temps et grâce à l’humidité, elles deviennent vertes et l’édifice s’intègre encore avantage dans le paysage montagnard. Malheureusement, le climat des vallées andorranes ne l’a pas permis.

Nous trouvons aussi l’inspiration romane dans le cloître adjacent au côté sud couvert avec voûte en croisée d’ogives. Il fut conçu pour rappeler les cloîtres des centres monastiques médiévaux. Dans cet espace, nous trouvons aussi des lames en cuivre.

Les formes avant-gardistes du nouveau sanctuaire jouent avec des arcs et des tours comme s’ils étaient inachevés simulant les restes romans de l’ancien sanctuaire où s’incorporent également des traits du roman monumental des régions voisines, qui dialoguent avec le noir et le blanc réminiscence de la renaissance italienne. Cette influence s’observe aussi dans le plan du sanctuaire et dans le jeu des figures géométriques du revêtement.

Nous pouvons ammirer une étroite relation entre l’édifice et le paysage des alentours et le font pénétrer à l’intérieur par de grandes baies, de sorte qu’une connexion s’établit avec l’art islamique, dont s’inspire également la fontaine d’eau centrale du cloître.

À l’intérieur se trouvent sept sculptures qui représentent les sept saints patrons des sept paroisses andorranes, qui ratifient que Meritxell est le sanctuaire national andorran : Saint Sernin de Canillo, Sainte Eulalie d’Encamp, Saint Cornélien d’Ordino, Saint Asciscle de la Massana, Saint Etienne d’Andorra la Vella, Saint Julien de Sant Julià de Lòria et Saint Pierre martyr d’Escaldes-Engordany.

Mai, en plus de l’influence romane et islamique, le principal point de référence dans la conception du Sanctuaire se sont les ruines brûlées de la chapelle de Santa Maria de Meritxell. C’est un hommage rendu par l’architecte à l’ancienne église, qu’il façonne au moyen d’énormes arcs blancs en demi-cercle qui soutiennent et décorent l’édifice.

LES MATÉRIELS

On peut parler du contenu populaire de l’architecture et des matériaux, avec des caractéristiques très claire : l’austérité et l’absence de décor. Les deux nefs représentent l’union entre le chemin qui descend du port d’Incles jusqu’à la rivière Runer et celui unissant la vallée du Valira d’Orient avec celle de la vallée du Valira du Nord en passant par le Roc de la Salve et le col d’Ordino. Le symbolisme avec les environs se refléte dans les matériels utilisés:

  • la pierre d’ardoise extraite de la montagne
  • la blancheur du plafond et de la mosaïque représente la neige qui durant près de sept mois décore le paysage du sanctuaire
  • lames en cuivre ajoutées par l’architecte afin que, au fil du temps et grâce à l’humidité, elles deviennent vertes et l’édifice s’intègre encore avantage dans le paysage montagnard
  • le jet de lumière que constitue la vitrerie de l’église chante la signification du nom de Meritxell

Guide Sanctuaire

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